Description :
Je voudrais vivre de rien,
simplement voyager...
N'avoir que l'amour pour destin,
et quelque-part où se poser!
Koumbaïalife,
c'est ma vie de bohème parmi les récifs,
parfois perdue, pensive et torturée,
parfois magique, artistique et dorée!...
Quelques mots, quelques images, quelques souvenirs,
des projets, de l'amour, des rencontres et des fous-rires!...
Quelque-chose qui tient de l'impossible et de l'éternel,
une trève, un espoir, ce détail qui nous rend belles...
Ceweek-endon reprend la route pour rejoindre laplupart denos amis dans ce gigantesque rassemblement festif à caractère musical qui a lieutousles ansenBretagne:le TEKNOZ !!!!
Dimanche 10 juin: Ludu, ronde comme une montgolfière, apporte des bâtons à tout le monde en teuf, en leur faisant les yeux doux... même les jeunes gens un peu trop imbîbés d'alcool qui se sont endormis près du son n'y échappent pas! Aussi motivée que d'habitude, elle pose le bâton sur leur flanc et leur aboie dessus l'air de dire "eh oh! tu me le lances ou quoi ce bâton!? c'est pas l'heure de dormir!!!"
Lundi 11 juin: - 8 heures:
Début des contractions (alors que je tentais de me rendormir pour combler le manque de sommeil du week-end): Ludu s'affole et semble bien se demander ce qui lui arrive. Elle tourne en rond dans le camion... Et puis elle perd les eaux et pas mal de sang, qu'elle s'acharne à lècher frénétiquement pour nettoyer derrière elle. Je m'assieds: elle risque d'avoir besoin de moi! - 8h30:
Soudain, j'entends des cris! De tout petits cris, aigus mais si faibles... Je cherche le bébé par terre, écarte Ludu, affolée, qui cherche aussi... mais rien! Pas de bébé! D'où viennent donc ces cris? Et puis soudain je l'apperçois, là, devant moi, la tête en bas, ne dépassant qu'à moitié du vagin de sa mère!
Je l'attrappe et le tire à la main: c'est une femelle, toute noire, et tellement adorable! Aussitôt, je cours dans la maison chercher une bassine d'eau chaude et une lingette... mais voici Ludu, affolée, qui arrive dans la maison et s'installe dans le panier à Eltan.
- 9h00:
Un deuxième chiot arrive: celui-ci est un très beau mâle noir avec juste une patte et le ventre blancs. Je coupe moi même son cordon ombilical pour le séparer de la poche... Un peu trop court sans doute car il se met à pisser le sang... mais heureusement ça ne durera pas! Je ramasse la poche et nettoie un peu le sang.
- 9h10:
Immédiatement, un troisième arrive. Si petit, si maigre: il était déjà mort! Elle le lèche tandis qu'il ne réagit pas. Je le lui enlève aussitôt. ... Ludu perd beaucoup de liquide vert foncé, et encore du sang. J'appelle le véto, qui me dit que c'est normal: c'est le liquide amniotique; il est plus ou moins foncé selon les chiennes. Il me prévient en même temps qu'une première mise à bas peut être assez périlleux, durer toute une journée et nécessiter parfois l'assistance d'un être humain dont la chienne se sente proche, de préférence... Le temps passe, Ludu se calme et se pose un peu... On lui aménage un carton avec une couverture et une serviette car le panier est trempé, complètement imbibé de liquides vert, transparent et rouge. On la déplace pour le nettoyer... - 10h30: Ludu s'agite à nouveau, et une poche commence à sortir, avec difficulté. Je la tire. Elle la lèche sans parvenir à la déchirer, et pigne. Je l'attrappe donc, et j'arrache les deux fines poches qui entourent le nouveau-né. C'est une demoiselle jolie comme tout, elle a du gris-beige et du blanc sur le ventre, les pâtes et le museau!!! - 11h15:
Voici le cinquième chiot... d'ailleurs, c'est unE chiotTE, et elle est toute noire!!! Je dois la pincer pour la faire respirer... Mission réussie: elle vit!
- 12h10: Voici le sixième bébé... Je déchire les poches: son coeur bat, mais il ne respire pas! J'ai beau le pincer, il n'y a rien à faire! Son petit coeur s'arrète, il meurt entre mes mains... Je l'enlève à sa mère qui pleure et le cherche... J'appelle à nouveau le véto, qui me rassure: ça arrive souvent, surtout quand le mâle est beaucoup plus gros que la femelle et que les petits sont nombreux, comme dans le cas présent! - 13h30: 7ème bébé. Je dois déchirer les poches: le sang gicle d'un coup! Je le nettoie brièvement et le remets à sa mère, qui le lèche. Il s'agit d'un magnifique mâle coloré! Il a du jaune et du blanc sur le ventre, les pâtes et le museau... Il a un succès fou auprès des visiteurs!
- 14h15: Le huitième chiot naît en notre absence: Ludu s'affole, ce qui alerte Stèphe, qui m'appelle alors: j'accours!... mais, tout frêle, lui aussi était sans doute déjà mort bien avant la naissance! Je l'emballe dans du papier journal et l'ajoute aux deux autres cadavres... - 17h05:
Près de 3 heures après naît la petite dernière: elle est toute noire avec seulement une petite tâche blanche entre les pattes avant, ainsi qu'une autre, quasi microscopique aubout du museau. Elle paraît minuscule, et si fragile, à côté des cinq autres déjà bien restaurés...
Il aura donc fallu plus de 9 heures et de nombreuses péripéties pour que Madame Ludu mette au monde une portée 9 chiots, dont 6 seulement étaient en vie... Devant faire garder la mère et ses petits au début de l'été nous avons malheureusement été contraints de ne garder que deux femelles: la petite dernière (car le lendemain, quand je les ai conduits chez le véto, c'était elle la plus grosse!), et la plus colorée!
A faire mille projets, les rêver ensemble... et en réaliser! A apprendre à s'aimer, puisque l'autre nous aime. A ne plus jamais être seule, car même s'il n'est pas là, il est auprès de toi. A être soutenue quoi que l'on puisse faire. A nous raisonner (car on est impulsives). A se prendre la tête sur la moindre broutille... pour mieux se réconcilier!!! A partager nos peines, nos espoirs et nos joies A se sentir moins laide et un peu plus humaine. A faire erreur à deux et repartir à deux(sinon c'est que ça n'était pas le bon!) A être la meilleure pour l'élu de son coeur (au moins)... A croire en l'impossible, mais y croire vraiment! A se laisser aller à de tendres plaisirs... A vouloir lui donner tout, absolument tout! A survivre à la faim, ou au froid un moment... A s'étonner chaque jour d'être aimée telle qu'on est. A être consolée d'une simple caresse lorsqu'on a le cafard. A tout faire pour se plaire et lui plaire en retour. A ne plus avoir peur et sourire à la vie! A rire chaque jour et voir briller ses yeux dans un regard complice. A discuter ensemble sans tabou ni secret. A être fière de lui même s'il n'est pas parfait. A être aimée de lui même sans être parfaite...